À Grasse, la rose de mai selon Chanel

DSC_0438La semaine dernière, j’étais invitée à Grasse par Chanel pour le lancement de son prochain parfum, N°5 L’Eau (sortie prévue en septembre). Une occasion rêvée pour visiter les champs et l’usine où est cultivée puis transformée la rose de mai utilisée par la maison et qui, comme son nom l’indique, fleurit pile poil en ce moment. Rendez-vous donc à Pégomas, à 7 kilomètres de Grasse, chez les Mul. Cette famille de producteurs, installée sur un domaine de 20 hectares depuis 1840, s’est forgé une réputation exceptionnelle dans la région grâce à la rigueur, le respect et le soin avec lesquels ils produisent leurs fleurs. Ils entretiennent aujourd’hui avec Chanel un très beau partenariat, scellé en 1987 par l’ancien parfumeur de la maison, Jacques Polge, à une époque où les promoteurs immobiliers rachetaient à tout va les parcelles des agriculteurs grassois, faisant diminuer de façon dramatique la production de fleurs de la région, et notamment de jasmin. Au départ, il s’agissait pour Chanel de garantir la pérennité et la qualité constante de son approvisionnement en jasmin Grandiflorum, qui entre dans la composition du N°5 dans sa concentration extrait. Puis, le partenariat avec les Mul s’est étendu à la tubéreuse, l’iris, le géranium… et la rose de mai, autre ingrédient indispensable à l’extrait de N°5, dont je vous propose quelques photos prises depuis la cueillette jusqu’à l’usine.

DSC_0431La récolte de la rose de mai, aussi connue sous le nom de rose Centifolia, démarre chaque année vers le 20 avril et dure 3 à 4 semaines. Chez les Mul, on la cultive sur 7 hectares, à raison de 46.000 pieds. Le rendement annuel est de 40 à 45 tonnes de fleurs, sachant qu’un kilo représente 400 fleurs.

DSC_0433DSC_0275La rose doit être cueillie à son juste degré de maturité, ni trop éclose, ni pas assez: pendant la période de floraison, la cueillette est donc effectuée 7/7 jours.

DSC_0291Chaque jour, 40 cueilleuses arpentent les champs en binôme. Parmi elles, on peut apercevoir quelques hommes, mais le métier est typiquement féminin.

DSC_0261DSC_0299Lorsque leur tablier est rempli, les cueilleuses en confient le contenu à un « videur », qui les met en sac.

DSC_0306DSC_0318Lorsque 700 kilos ont été récoltés au minimum, le camion emmène les fleurs fraîchement coupées à l’usine Sotraflor, située à l’autre bout de la propriété. Membre de la famille Mul, Jean-François Vieille y supervise la transformation des fleurs.

DSC_0418DSC_0346A leur arrivée à l’usine, les sacs de fleurs sont pesés puis montés par un tapis roulant jusqu’à la cuve où les fleurs seront transformées en concrète par extraction aux solvants volatils. 

DSC_0392DSC_0400Le contenu des sacs est vidé dans l’extracteur: une grille est placée dans la cuve, puis 50 kilos de fleurs sont versés dessus. L’opération est répétée 5 fois. Pourquoi les grilles ? Pour ne pas écraser les quelque 250 kilos de fleurs et permettre au solvant, l’hexane, de bien circuler dans la cuve.

DSC_0348À l’ouverture de la cuve, une heure et quart plus tard, ça sent la pomme cuite et l’artichaut. L’hexane a emporté avec lui les principes odorants des pétales de rose. Il sera ensuite chauffé dans un évaporateur afin de récupérer la cire végétale de la rose, qui renferme ses molécules odorantes : la concrète. Cette dernière sera une nouvelle fois transformée pour donner l’absolue de rose de mai qu’on trouve dans les flacons d’extrait de N°5.

Photographies © Sarah Bouasse

 

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