Eric Buterbaugh: le fleuriste des stars se met au parfum

SBP_3372De notre côté de l’Atlantique, il est quasiment inconnu au bataillon. Pourtant, à Los Angeles, le fleuriste Eric Buterbaugh est une véritable star, presque aussi célèbre que les stars (les vraies) qui font appel à lui. Avec plus de 15 ans de métier au compteur, Eric Buterbaugh est, pour vous donner une idée, l’homme qui a fleuri la Fenice de Venise pour le mariage de Salma Hayek et François-Henri Pinault. Celui qu’appellent Gwyneth Paltrow, Jessica Alba et autres Demi Moore lorsqu’elles organisent une réception chez elles. Lui encore à qui Tom Ford confie le soin de préparer les bouquets qu’il envoie en guise de thank you à ses collaborateurs. Particulièrement apprécié dans les sphères de la mode et de l’entertainment, le designer floral travaille régulièrement pour Dior, Cartier et Valentino ou le Chateau Marmont – où il est lui-même un habitué.

Passé expert dans l’art de sublimer la beauté des fleurs à travers ses exquises compositions – qu’il crée désormais dans une suite de l’hôtel Four Seasons de Beverly Hills, dont il est le fleuriste résident – Eric Buterbaugh a eu envie de les raconter autrement, sur un registre olfactif cette fois-ci. « Les fleurs d’aujourd’hui ne sentent plus comme avant », m’expliquait-il au téléphone il y a quelques semaines. « La loi de l’offre et de la demande fait qu’on les cultive en serres, de plus en plus rapidement. Résultat, la plupart des roses que vous achetez aujourd’hui dans le commerce ont perdu leur odeur ». Petit à petit, ce constat a fait germer l’idée de développer une ligne de fragrances florales à son nom. 

image005Et c’est ainsi qu’en juin, Eric Buterbaugh célébrait  – imaginez la guest list – le lancement de 7 parfums autour de 7 fleurs qu’il a choisies parmi ses préférées. Et là où je m’attendais à de gentils soliflores qui n’avaient de toutes façons pas besoin d’être réussis pour faire un carton, ces compositions m’ont agréablement surprise par leur richesse et leur complexité. Elles ont été composées par 5 parfumeurs de chez Firmenich, à qui Eric Buterbaugh et son associé français Fabrice Croisé, expert en marketing parfums, ont eu la bonne idée de donner carte blanche (une nouvelle preuve que ça leur réussit bien, aux parfumeurs !). Autorisés à se lâcher sur les belles matières premières (puisqu’affranchis des contraintes de coûts), certains d’entre eux ont même pu sortir de leur bibliothèque perso des petites pépites en sommeil. C’est comme ça qu’Ilias Ermenidis a dégainé cette rose, électrisée par quelques notes d’épices (poivre, safran) et adoucie par la vanille : il l’avait d’abord créée d’abord comme ça, pour lui-même. Elle est devenue Sultry Rose, qui oscille entre fraîcheur et séduction tapageuse. Le parfumeur a aussi créé Celestial Jasmine, un parfum à la fois innocent et frais avec  ses pétales de fleurs blanches – jasmin, tubéreuse, freesia, et narcisse – et un en même temps très « parfum de peau » grâce à son fond ambré-musqué. Au rayon fleurs blanches, j’ai été très étonnée par Regal Tuberose, une création d’Honorine Blanc qui s’ouvre sur une fraîcheur un poil amère (pamplemousse, poivre blanc) pour dévoiler un beau duo tubéreuse jasmin auquel les feuilles de patchouli et la mousse de chêne donnent une verdeur vraiment originale. Fragile Violet, m’a dit Eric, est le parfum préféré de Naomi Campbell : une violette légère à laquelle un accord thé blanc et une note aqueuse de lotus donnent un charme délicat. Il est signé Alberto Morillas, tout comme Appolo Hyacinth, une jacinthe dont j’ai adoré les inflexions de poire, néroli et vétiver. Mon préféré est Velvet Lavender : Harry Frémont a marié cette lavande à de la sauge, et ça fonctionne à merveille. Posée sur un fond de vanille et santal, elle est douce, chaude et enveloppante (quoique pas assez tenace à mon goût). Quant à Virgin Lily of the Valley c’est un beau muguet cristallin signé Pierre Negrin qui m’a replongée avec émotion dans mes années collège et mon flacon tant aimé de Envy de Gucci (RIP).

Pour sentir ces parfums, il va falloir s’armer de patience/traverser l’océan car Eric Buterbaugh ne vend pour l’instant ses parfums que dans sa boutique de Los Angeles. Mais il a eu la gentillesse de me proposer d’envoyer une céramique imprégnée de parfum à mes lecteurs: il vous suffit d’envoyer un mail à hello@ebflorals.com (objet: « Flair Cermics ») en précisant quel(s) parfum(s) que vous souhaiteriez découvrir. Sinon, un set d’échantillons (7x10ml) est disponible sur le site d’Eric Buterbaugh pour $250.  C’est vrai qu’à ce prix-là, acheter directement un flacon semble presque plus raisonnable ($300/100ml)…

www.ebflorals.com

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