Cologne Indélébile, Editions Frédéric Malle

DSC_2080Une fois n’est pas coutume, j’ai envie d’aborder un parfum par son nom. Celui de Cologne Indélébile, le dernier-né des Éditions Frédéric Malle, est particulièrement bien trouvé. Déjà parce qu’une eau de Cologne, par définition, n’est pas indélébile. Elle est même tout l’inverse, c’est-à-dire extrêmement volatile, puisque sa concentration est faible et que ses ingrédients principaux, les agrumes, sont des molécules légères qui s’évaporent rapidement de toutes façons. Mais aussi et surtout parce que ce bel oxymore résume tout l’esprit de la nouvelle création de Frédéric Malle et du parfumeur Dominique Ropion, qui réconcilie les paradoxes que sont fraîcheur et ténacité, innocence et sensualité.

Comme point de départ, le très bel accord musqué qui constitue les notes de fond de Géranium pour Monsieur et Portrait of a Lady. Ses créateurs, Frédéric Malle et Dominique Ropion, ont un jour l’idée de l’associer à une très belle essence de néroli, « juste pour voir ». De la première ébauche, magnétique, l’idée d’un parfum jouant sur deux tableaux est née. Trois ans et plusieurs centaines d’essais s’ensuivent, le temps de trouver l’équilibre entre les naturels – fleur d’oranger et néroli de Tunisie, citron, bergamote et romarin, auxquels Dominique Ropion, qui compose alors sa première cologne, a l’idée géniale de mêler la fraîcheur de la narcisse – et les synthétiques en abondance, à savoir les 60% de muscs que contient la formule. Ce sont eux, les muscs, qui donnent à Cologne Indélébile son côté ineffaçable, ou du moins son impressionnante persistance. Et eux mêmes sont pleins de paradoxes : de nos jours associés aux odeurs propres et rassurantes de lessive et de produits d’hygiène, les muscs demeurent un ingrédient sexuel, puissant aphrodisiaque emprunté au monde animal. Ici mêlés de benjoin et de patchouli, ils forment le socle solide de cette Cologne pas franchement si Cologne et lui confèrent un sillage interminable. Lorsque l’envolée fraîche et aromatique s’atténue, ces notes de fond s’installent, titillant dans la foulée les facettes les plus suaves d’une très belle fleur d’oranger. Une Cologne double face dont l’attrait réside précisément dans ses contradictions. Ce sont elles qui font que, lorsque on la porte, on ne s’ennuie pas une seconde.

Dès avril chez Frédéric Malle et sur sa boutique en ligne. 120€/50ml, 175€/100ml.

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