L’Orpheline, Serge Lutens

FLAIR L'orpheline

C’est une histoire sortie de ses entrailles que nous livre Serge Lutens à travers sa dernière création, L’Orpheline. Exprimant un pan de son enfance intime – le souvenir douloureux d’avoir été élevé par sa mère et abandonné par son père – ce parfum parle de poussière. « De ma vie, elle est le sillage, ce qui reste quand tout a disparu », explique Monsieur Lutens.

C’est une fragrance sourde, complexe, qui gagne vraiment à être testée sur la peau. Car L’Orpheline, en une belle métaphore, semble avoir besoin de ce contact, de cette chaleur humaine, pour s’exprimer pleinement et révéler toutes les facettes de sa personnalité. L’ouverture est lumineuse : une grande bouffée résineuse d’encens et de muscs (avec une pointe de menthe ?), mêlée d’une lavande elle-même un peu sèche et poussiéreuse, comme celle qu’on met en sachets dans les placards. Le tout évoque l’odeur archétypale des papas : compositions type fougères, effluves rassurantes d’aftershave. En cœur, un intriguant mélange de bois et d’encens enrobe des notes d’œillet légèrement poivré. C’est délicieusement enveloppant, à la fois mystique (l’encens, les églises, Dieu, tout ça) et charnel (les muscs, l’odeur de la peau) ; ni vraiment froid ni franchement chaud, juste suspendu dans un équilibre magique. Christopher Sheldrake, parfumeur de Serge Lutens et collaborateur de l’ombre de Jacques Polge chez Chanel, a décidément un talent fou. L’encens, bien vertical, reste présent dans les notes de fond, un peu fumées, résineuses, délicatement coumarinées. Sur moi, L’Orpheline laisse un sillage réconfortant et vaporeux ; subtil et pourtant tenace : pas loin de 8h. Je l’ai adopté(e).

The latest creation by Serge Lutens, L’Orpheline, comes right out of his guts. Expressing a dark and intimate part of his childhood – the painful memory of being raised by his mother and abandoned by his father – this perfume is all about dust. “It is the wake of my life, that which remains when all has disappeared », explains Monsieur Lutens.

It is a muted, complex fragrance, which really should be tested on your skin. Because it seems that L’orpheline (the orphan girl, in French), in a beautiful metaphor, needs this physical contact, this human warmth, to express itself fully and reveal all the facets of its personality. The opening is luminous: a great resinous whiff of incense and musk (with a bit of mint?), blended with a lavender that is rather dry and dusty itself, kind of like the one we put in little sachets in our closets. The whole thing evokes the archetypal smell of daddies: fougère-type compositions, reassuring aftershave smells. In the heart notes, an intriguing mix of incense and woods underlines hints of slightly peppery carnation. It is deliciously enveloping, all at once mystical (the incense, churches, God and all that) and sensual (the musk, the smell of skin); neither exactly cold nor frankly warm, just suspended in a magical balance. Christopher Sheldrake, Serge Lutens’ perfumer and Jacques Polge’s shadow sidekick at Chanel, definitely has an immense talent. The incense, very vertical, stays right there in the base notes, themselves a little smoky, resinous, subtly coumarin-y. On me, L’Orpheline leaves a comforting and vaporous trail, subtle and yet persistent: close to 8 hours. I’ve happily adopted it (pun intended).

99€/50ml.
www.sergelutens.com
 

 

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