What do you Flair #16: Sophie, Paris

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Sophie Michard, 50 ans, chef de service beauté pour Version Femina

Je n’aime pas les parfums de dame. Ce que j’adore, c’est l’eau de Cologne. C’est le fil rouge de mon histoire personnelle avec les parfums. J’ai beaucoup de souvenirs d’enfance liés à l’eau de Cologne, la vraie, la Kölnisch Wasser. A l’époque, j’habitais dans l’Est de la France, et mes parents en rapportaient d’Allemagne par litres entiers. Donc on avait toujours de l’Eau de Cologne à la maison, et ils m’en faisaient régulièrement des frictions dans le dos. Je sais pas trop pourquoi, d’ailleurs, parce que finalement ce n’est pas très bon pour la peau… Mais ça réchauffe, et ce sont des odeurs très agréables. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé ces odeurs héspéridées. Mais j’évolue : du citron je suis passée au pamplemousse, et du pamplemousse à l’orange ! J’ai d’abord porté des classiques : la Cologne Impériale ou l’Eau du Coq chez Guerlain. Et puis je me suis mise à chercher une cologne qui tienne, parce que le problème des hespéridés, c’est qu’ils reposent sur des notes de tête très volatiles, et qu’en plus la concentration cologne est assez faible. A partir des années 80-90, certaines maisons ont tenté de leur donner de la tenue. Je pense notamment à l’Eau d’Hadrien, d’Annick Goutal, que j’ai vachement porté et qui est l’un des rares hespéridés qui tient. Dans la même veine que ce que fait aujourd’hui Atelier Cologne, avec leurs concentrations d’eau de toilette qui permettent au jus de tenir un peu mieux. Je dis bien un peu. En parallèle de la Cologne, j’aime les choses vertes ou boisées : j’ai porté des parfums d’homme comme Monsieur Balmain, l’Eau Sauvage que je piquais à mon père, ou Double Mixte de Révillon, qui était très pamplemousse. Ado, j’ai fait de brèves incursions avec de vrais parfums : j’ai porté Cristalle et Allure de Chanel, mais pas longtemps. J’ai aussi essayé beaucoup d’eaux, des choses fraîches et légères, loin des fleurs, comme l’Eau Vitaminée de Biotherm, dont j’adore la note pamplemousse, l’Eau de Campagne de Sisley pour sa feuille de tomate froissée, l’Eau de Cartier, Aqua di Parma et la Jean-Marie Farina de Roger Gallet. Je reviens souvent à Roger Gallet. Aujourd’hui, j’alterne entre mes différents parfums selon les moments de la journée, je les superpose. Avec quelques nuances selon les saisons : en hiver, je mets la Cologne du 68 de Guerlain, qui est l’une de mes grandes favorites car c’est une fausse cologne : elle a tous ces ingrédients boisés, qui lui donnent une vraie tenue. Je porte aussi Orange Sanguine d’Atelier Cologne, et l’Aqua Vitae de Francis Kurkdjian dont j’adore le petit côté épicé. En été, je reste fidèle à la Cologne du Parfumeur de Guerlain, à l’Eau des Bienfaits de Roger Gallet, et plus récemment j’ai fait une consommation folle du Petit Grain de Miller Harris : cette maison est géniale. J’ai la chance, grâce à mon travail, de tester plein de nouveautés donc je change assez régulièrement mais ma quête de la Cologne parfaite, celle qui va tenir longtemps, continue. C’est con mais, quand je porte une cologne, j’ai l’impression de rester moi-même, de rester en phase avec qui je suis. Je n’ai pas l’impression qu’il y a moi et, superposée dessus, une odeur. Parfois, le soir, il m’arrive de porter un « vrai » parfum. Et là, je révèle mon autre moi, celui de la nuit, quand je bois du vin et que je fume une clope. Des choses que je ne pourrais pas faire à 8h du mat’.

Sophie Michard, 50, beauty editor at Version Femina

I can’t stand old-lady-like fragrances. What I love is Cologne. It’s like a guideline throughout my personal story with perfumes. I have lots of childhood memories related to Cologne water, the real thing, Kölnisch Wasser. Back then, I lived in the East of France and my parents would bring it back from Germany by the litre. So we always had Cologne water at home, and they would often friction my back with it. I’m not sure why, really, because it turns out it’s not so good for your skin… But it does get you warm, and these are very nice smells. As far as I can remember, I have always loved citrus smells. But I evolve: from lemon I went to grapefruit, and from grapefruit to orange! I started with the classics: Cologne Impériale or L’Eau du Coq by Guerlain. And then I started looking for a cologne that would last, because the problem with citrus fragrances is that they are made mainly of highly volatile top notes, on top of having the usual, rather poor concentration of colognes. In the eighties and nineties, some houses have tried making lasting colognes. I’m thinking about Annick Goutal’s Eau d’Hadrien, which I wore for a long time and which is one of the rare citrus fragrances that lasts. Kind of like what Atelier Cologne does today, with their eau de toilette-like concentrations, allowing the juices to last a little longer. I said a little. Aside from colognes, I like green or woody things: I wore men fragrances such as Monsieur Balmain, my dad’s Eau Sauvage or Révillon’s Double Mixte, which was very grapefruity. As a teenager, I had short affairs with real perfumes: I wore Chanel’s Cristalle and Allure, but not long. I also tried many waters, fresh and light things that had nothing to do with flowers, like Biotherm’s Eau Vitaminée, whose grapefruit I love, Sisley’s Eau de Campagne for it crisp tomato leaf, Eau de Cartier, Aqua di Parma and Roger Gallet’s Jean-Marie Farina. I often go back to Roger Gallet. Now, I alternate between all my different perfumes depending on the time of the day; I juxtapose them. With a few variations according to the season: in the winter, I wear Guerlain’s Cologne du 68, which is among my favourites because it isn’t a real cologne: all its woody ingredients make it really last. I wear Atelier Cologne’s Orange Sanguine, Francis Kurkdjian’s Aqua Vitae whose spicy notes I love. In the summer, I stay true to Guerlain’s Cologne du Parfumeur, to Roger Gallet’s l’Eau des Bienfaits, and recently I have sprayed on a huge amount of Miller Harris’ Petit Grain: this house is just awesome. I am lucky that my job allows me to try lots of new fragrances, so I change regularly, but my quest for the perfect, lasting cologne, continues. I know it sounds silly but, when I’m wearing a cologne, I feel like I am staying myself, true to what I am. I don’t feel like there is me and, sprayed over it, a smell. Sometimes, at night, I will wear a “real” perfume. Then I reveal my other me, the night one, when I drink wine and smoke a cigarette. Things I would never do at 8 in the morning.

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2 Commentaires

  1. C’est bien vrai, la Cologne du 68 de Guerlain est une fausse cologne et Dieu qu’elle est additive ! Son fond oriental baumé m’a accompagnée tout l’été; elle est d’une douceur extrême tout en apportant la fraîcheur qu’on recherche tant en portant une cologne. A essayer !

    1. C’est une de mes grandes favorites à moi aussi. Dans le genre fausse cologne, j’adore également la Cologne à la Russe de l’Institut très Bien: son départ est très frais mais son fond est chaud, poudré, baumé… Une merveille!

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